Nous appelons à la fin des violences,
à l’apaisement et au rétablissement de l’ordre

Depuis deux jours, Paris est le théâtre de violences inadmissibles. Des salariés sont menacés, des clients terrorisés, tandis que brûlent le mobilier public, les poubelles et les installations de chantiers.
Les Comités Champs-Élysées, Saint-Honoré, Montaigne, Haussmann et Vendôme condamnent avec la plus grande fermeté des actes que rien ne peut justifier. Ils appellent au retour à l’ordre et à l’apaisement.

Nous ne confondons pas les manifestants qui, pacifiquement, voulaient faire entendre leurs revendications et sont, eux aussi, les victimes de ces débordements avec les émeutiers qui, par milliers, ne cherchaient que le pillage et la destruction.
La liberté de manifester est un droit fondamental qui est l’honneur de notre République et la tradition de notre démocratie. Elle ne peut justifier les débordements auquel Paris est soumis depuis 48 heures.

Nous voulons dire notre solidarité avec toutes les rues de la capitale dont les commerçants ont vu leurs boutiques envahies, saccagées et mises à sac, tous les quartiers dont les habitants, au nord et à l’est de Paris, ont été cernés par les incendies, les affrontements et les incursions de bandes manifestement motivées et organisées pour en découdre.
Nous pensons également à la détresse et à l’émotion de tous ceux qui à Marseille, à Lille, à Limoges, partout en France, ont vu les économies d’une vie partir en fumée, des bâtiments publics livrés aux flammes, des mairies envahies.
Nous réaffirmons notre confiance en les forces de l’ordre qui, dans des conditions particulièrement difficiles, mettant en jeu leur propre sécurité, ont tout fait pour contenir les émeutiers et ramener le calme, hélas sans y parvenir. Il en est de même pour les pompiers qui ont éteint les feux, pour les agents municipaux et les équipes de nettoyage qui, dès dimanche et encore ce lundi matin, ont commencé à réparer les dégâts, et pour les personnels médicaux qui ont pris en charge les blessés.
Nous adressons notre reconnaissance à nos équipes, salariés, agents de sécurité, personnels d’entretien qui, avec courage et détermination, ont défendu leur lieu de travail, protégé leurs collègues et leurs clients, parfois des passants, de la violence aveugle qui les entourait.
Nous rappelons que, à côté des commerces de proximité et des enseignes qui font rayonner l’image de la France, nos rues, nos avenues, parfois dans les mêmes immeubles qui ont été vandalisés, accueillent également des théâtres et des musées, des salles de cinéma et de concert, des galeries et des librairies, des hôtels, des restaurants et des cafés, des sièges d’entreprises, des écoles et des familles.
Nous soulignons que Paris et nos quartiers sont l’image de la France.
Ces événements ruinent la réputation de notre pays. Ils compromettent l’attractivité et la fréquentation de nos rues, de nos avenues, de nos établissements

C’est pourquoi nos cinq Comités s’expriment, aujourd’hui, d’une seule voix pour lancer un appel aux pouvoirs publics afin que de telles scènes ne se reproduisent pas ni le week-end prochain, ni les suivants. Nous demandons au Gouvernement, à la Préfecture de police et à la Ville de Paris que :

  • La protection des biens et des personnes, de notre patrimoine commun et de nos savoir-faire, soit effectivement assurée. Il n’est pas normal que les acteurs économiques, par le recrutement d’agents de sécurité privés, soient dans l’obligation d’assurer la sûreté de leurs établissements, comme ce fût le cas ce week-end
  • Les émeutiers soient identifiés, poursuivis et sanctionnés rapidement et réellement
  •  Le renforcement des forces de l’ordre dans les secteurs les plus exposés soit décidé pour qu’elles puissent intervenir plus efficacement et plus rapidement
  •  L’anticipation des risques de violence et de pillage soit assurée par la coordination des autorités publiques et des acteurs de terrain par une information systématique avant et pendant les manifestations
  •  Un accompagnement réel de celles et ceux qui ont subi des dommages soit mis en place
  •  Un processus de concertation avec les Comités de la capitale, dont les nôtres, dans un esprit de responsabilité et de coopération, soit engagé dans les meilleurs délais avec les pouvoirs publics pour définir, ensemble, des mesures concrètes d’information, de prévention et de réparation

Paris ne doit pas céder aux émeutiers. Nous refusons que la peur s’installe dans nos rues. Ceux qui y vivent et y travaillent ne s’y résigneront pas.

Comités Champs-Élysées, Faubourg Saint-Honoré,
Haussmann, Montaigne et Vendôme